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GRAVURE CAOUTCHOUC  ARTISTIQUE

Mon concept sur la gravure caoutchouc artistique existe depuis décembre 1988, lorsque j’ai effectué un dessin sur un pneu poids lourd . Venez voir le caoutchouc vraiment autrement.

Gérard Interview Betsabée Romero "Mexique" + vidéo musée n°56

Publié le 22 Mai 2009 par G.G in Découverte

Une *interview exclusive de : Betsabée Romero, elle est née à Mexico en 1963. Elle a étudié l'art à l'Académie de San Carlos et à l'Université nationale (UNAM) à Mexico et à Ecole des Beaux Arts, Paris, France, elle a gentiment répondue à mes questions.

 

1) Gérard : Quel est votre parcours artistique ?
 Betsabée Romero

D'abord, j'ai étudié la communication, avec l'intention d'avoir une méthodologie pour analyser les contradictions de la culture des médias. J'ai fini ma carrière avec la spécialité en recherche, sémiologie et analyse de discours politique.


 2)
Gérard : Depuis quelle année, graver vous, ou sculpter ... le  caoutchouc ?
Betsabée Romero  

J'ai commencé à travailler différent concepts autour de grandes villes, de la migration, de la frontière et à ce moment-là en (1997) j'ai pris la voiture comme un instrument de travail, comme un véhicule pour parler de différents aspects de la problématique urbaine et le faire à travers un objet commun a différents contextes et publics.

 3)
Gérard : Comment vous est venue l'idée ?
Betsabée Romero
D'abord, j'ai commencé à travailler la voiture complète et après j'ai commencé une réflexion profonde à partir de la déconstruction réelle et symbolique de l'objet.

 

J'ai commencé à travailler les capots, les portes et après j'ai trouvé que les pneus étaient eux-mêmes de formes et des objets à partir lesquelles je pouvais parler de l'archéologie et de la vitesse, de tout ce qui est resté écrasé par la modernité et ses instruments je pouvais rouler en sens interdit pour récupérer la mémoire de tout ce qui est resté dans le chemin, de comment les pneus qui en plus je récupère des casses de voitures, sont d'abord des matrices de gravure qui font rappeler des sceaux cylindriques qui étaient le principe de l'impression et de la diffusion de la pensée de l'homme dans toutes les cultures.

 


4) Gérard : Pourriez-vous expliquez aux internautes, quel est le moment que vous préfériez lorsque vous concrétisez une idée de gravure, ou sculpture... sur le caoutchouc ?
Betsabée Romero
J'aime regarder la façon dont un objet commun qui a été gravée à l'origine, du coup devient une autre chose au moment où j'écris une autre écriture, une écriture manuelle, artisanale, qui se fait doucement pour être regardé et lue doucement aussi.


5) Gérard : Vous réaliser également de magnifiques oeuvres et peintures sur tout type de carrosserie, d'où vous est venue cette inspiration de travailler sur ce matériau ?
Betsabée Romero

Le contexte à avoir avec la façon dont la criminalité et toute sorte de violence arrive dans les rues des énormes villes comme la mienne.

 

Au Mexique, les gens dans le temps peignaient des Ex Votos, cela représentait un remerciement à la Vierge à un Saint en particulier, pour avoir accompli un "miracle". Pour moi, les capots de voiture me rappellent les ex Votos. Ses ex-votos sont de petites peintures faites sur un métal très précaire qui fait penser aussi à la précarité de l'homme dans sa voiture de part le matériel, mais aussi pour le côté extrêmement précaire de L'Ex Voto et la contradiction entre la Publicité autour de la sécurité qu'offrent les voitures et la réalité. En fait, je pense que la voiture aujourd'hui est un espace des plus fragiles, dans lequel l'homme de la ville passe énormément de temps en trajets quotidiens, et c'est un des espaces ou la violence urbaine est la plus fréquente, c'est un objet ou la vitesse vis a vis de la sécurité qui offre est plus dangereuse qu'autre chose et pour moi c'est aussi presque une extension du corps ou les accidents sont plus que possibles et c'est l'endroit préféré pour les voleurs pour faire les prise d'otages etc. La voiture est en fait le véhicule de la violence urbaine proprement dit. C'est pour ça que je peins ex-votos, des accidents de voitures où on remercie le miracle de continuer vivant.
 
6
) Gérard : Au travers de « Les Larmes Noires » au Musée Amparo de Puebla, Mexico, En janvier 2009 Quel est le message que voulez faire passer ?  
Betsabée Romero

Larmes noires, est le nom d'une chanson très connue au Mexique et même dans toute l'Amérique latine et en Espagne, comme avec la voiture je prends le nom et je travaille sur la signification des mots, maintenant que le Mexique souffre parce que le pétrole baisse le prix et on n'a pas d'argent pour l'exploiter correctement et avec une crise de l'économie qui a commencé avec la crise de la guerre et du pétrole, je crois qu'on est en train de pleurer des larmes noires et il manque encore beaucoup de temps pour arrêter ses larmes.


Video n°56, A voir  jusqu'au bout...

"Les larmes noires "Musée Amparo de Puebla, Mexico.janvier 2009.
7) Gérard : Il semblerait que vous connaissez bien la France, auriez-vous quelques attaches avec notre pays ? À quand votre prochaine visite en France ?     
Betsabée Romero

Même si je ne l'écris pas bien et je parle avec accent, la France et la culture française et mon second pays, j'ai passé des années très importantes de ma formation là-bas. J'ai des amis qui sont comme ma famille et pour eux et pour tout ce que j'aime de la culture et l'histoire de France je suis toujours prêt à faire des projets là-bas et par chance il y a toujours des portes ouvertes pour le faire, on est même en train de chercher un endroit pour exposer les larmes noires en France.

Je n'ai pas une date fixe pour y aller, mais j'espère que je pourrai y aller avant que cette année soit finie.

 

                        Gérard :   Merci Betsabée

 

La peinture d'ex-voto est une pratique qui s'est généralisée au début du XXème siècle au Mexique. Les ex-votos peints ont aussi influencé l'art contemporain comme Betsabée Romero…

Ces peintures votives invitent à découvrir l'univers quotidien des habitants de Mexico, leurs mésaventures, leurs petits tracas et leurs drames. Ces œuvres présentent des situations d'angoisse où le dénouement « heureux » est attribué à l'intervention divine de la Vierge, du Christ ou d'un saint protecteur. Cette forme de dévotion populaire, apparue au XVème siècle en Italie, reste d'actualité au Mexique au XXIème siècle. Source : Musée d'Allauch 

 

*Pour information l’interview a été réalisée le 23/03/2009 soit un mois avant le début de L'épidémie de grippe porcine H1N1 au Mexique. 

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raoul 06/06/2009 12:07

super l'interview t une vrai star amicalement et a bientot